poésie de marilyne collet
phénix
Midi. Le soleil au zénith resplendit violemment
Le phénix endormi tressaille mais reste encore latent.
L'angélus résonne impuissant, n'éveillant que les morts
Les cloches semblent muettes mais grondent,
pour les humains Dieu dort.
Est-ce l'heure aux fêtes bacchiques, aux idylles ancillaires
La prière ancestrale défie ceux qui renient la mère.
L'oiseau de feu sursaute soudain, enfin de sous ses cendres
Jaillit et s'élance vers les sylves bienveillantes
et tendres.
Un souffle ténu anime les plumes du nouveau conquérant
Est-ce la brise qui séduit d'imperceptibles mouvements ?
Est-ce un sylphe invisible jouant de ses pouvoirs rebelles ?
Ou est-ce un petit ange rieur qui agite ses ailes ?
Le phénix magnifie cette force et s'élève, grandiose
Derrière les nuages livides, l'azur est tout de rose.
Les nébuleuses obscures franchies,l'oiseau oublie les heures
Il monte et monte encore dans une symphonie de couleurs.
D'un vol élégant il arpente les constellations
Les monts chauves assoupis, l'aigle pourpre chuchote à Orion
Garde ta beauté ! ne soupire pas, chasseur défunt,
Car de toutes les mânes, tu es le valeureux gardien...
L'amour te fut fatal, ainsi tu te lamentes ici,
Par le venin du scorpion lentement tu péris.
La mort rôdait sous la terre, pour toi archer de lumière...
Mon destin est la vie, mais l'amour ne me connaît guère.
Aide les hommes d'ici-bas à vénérer le grand roi
Afin qu'ils soient tous dignes de pénétrer dans l'au-delà.
Le fabuleux phénix achève son chant oraculaire
Sous les membranes d'onyx, ses yeux opalescents espèrent.
Minuit. Le grand oiseau quitte la bannière étoilée
Il rejoindra l'aurore et son brasier d'éternité.